
Une personne âgée de 75 ans a été condamnée à un an de prison ferme par les juges du tribunal de la ville d'Oujda, pour "outrage à la personne du roi"...
Abdeslam Mjit est un retraité âgé d’au moins 75 ans. Après avoir passé toute sa vie dans les mines de charbon de la ville de Jerada, il perçoit une petite retraite depuis plusieurs années déjà. Son drame commence en décembre 2009, quand il se rend dans la ville d’Oujda pour toucher sa pension.
Avant de prendre le bus pour rejoindre les siens, il se fait agresser par des voyous qui lui volent sa solde. Exaspéré, il crie à l’injustice et dénonce la passivité des policiers en poste dans la gare routière de la ville d’Oujda. La foule se rassemble autour de lui. Il s’emporte. Il insulte le pays et « ses dirigeants ».
Des «indics» rapportent la scène au procureur du roi auprès du tribunal de la ville. Entre temps, Abdeslam continue son offensive, en allant à chaque occasion au commissariat central de la ville. Il réclame justice. Il accuse la police de ne pas donner suite à sa plainte. Le 28 juillet 2010, la police l’arrête, et le procureur du roi le poursuit pour « outrage à la personne du roi ». Il est condamné à un an de prison ferme le 16 août 2010.
Le 10 novembre 2010, après une expertise médicale, le juge d'instruction de la cour d'appel ordonne l'hospitalisation d’Abdeslam à l'hôpital psychiatrique régional d'Oujda.
Le 8 février 2011, le médecin traitant adresse un rapport médical au procureur du roi, « affirmant que le patient s'est rétabli », nous explique son fils Abdelaziz Mjit, dans une déclaration à Lakome.com. Sa mise en observation au service psychiatrique devient alors inutile.
Mais le médecin traitant fait aussi savoir au tribunal que l’ancien mineur souffre de plusieurs autres maladies dont la silicose (causée par 30 ans de travail dans le charbon), et un cancer de la prostate. Le procureur du roi ne veut rien savoir. Il réfute le rapport et ignore l’état de santé. Il est toujours incarcéré dans la prison civile d’Oujda, et avec les prisonniers de droit commun.
La famille d’Abdeslam Mjit, 75 ans, attend toujours sa libération. Elle veut aussi l’ouverture d’une enquête pour connaitre les personnes responsables de la violation des procédures…
Photo: Abdeslam Mjit.




















