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20 février. Al Adl wal Ihassane dit (presque) tout

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Les dirigeants de la Jamaâ al Adl wal Ihssane (Mouvement justice et spiritualité) sortent de leur mutisme. Accusé par une partie de la classe politique marocaine et par des militants du 20 février de vouloir instrumentaliser le mouvement contestataire actuel, le porte-parole de la Jamaâ, Fathallah Arsalan revient sur l’engagement de ce courant islamiste jamais reconnu par les autorités depuis 1973.

Dans une interview accordée à Reuters, il déclare : «à plusieurs reprises nous avons réaffirmé notre engagement vis-à-vis du 20 février et les décisions prises lors de ses AG. Le slogan «le peuple veut abattre la tyrannie et le népotisme nous unis et tout régime qui peut répondre à cette revendication nous convient. Ce régime doit garantir au peuple la liberté et obliger les dirigeants à rendre des comptes loin de toute dictature politique, économique ou religieuse».

Si le «20 février» revendique une monarchie parlementaire, la Jamaâ se refuse de préciser la type de régime qu’elle revendique, «le plus important c’est le contenu du prochain système et non pas son appellation», explique F. Arsalane, porte-parole du courant islamiste le plus puissant au Maroc.

Dans autre sortie médiatique accordée à nos confrères d’Akhbar Al Yaoum ce dirigeant islamiste précise qu’Al Adl «n’a jamais revendiqué un Etat religieux, nous sommes pour un Etat civil». Même son de cloche de Nadia Yassine, fille du fondateur d’Al Adl, cheikh Abdessalam Yassine, «nous le disons à haute voix, nous sommes pour un Etat civil», dit-elle dans une déclaration à l’AFP. Et d’ajouter : «nous disons cela pour la première fois, surtout dans ce contexte lié à l’apparition du 20 février».

Pour Mohamed Darif, politologue cité par l’AFP, «la nature politique hétéroclite du 20 février oblige la Jamaâ à plus de clarté dans ces positions idéologiques. Et pour que cette coexistence continue il faut se prononcer sur toutes les questions sensibles. C’est dans ce contexte qu’on peut interpréter cette sortie».

F. Arsalane dans sa déclaration Reuters refuse pourtant de donner des chiffres sur le nombre d’adhérents de la Jamaâ, «le jour où nous aurons des garantis que l’appartenance à notre mouvement n’est plus synonyme de représailles et de poursuites, nous annoncerons les chiffres exacts de nos membres». Des chiffres non officiels estiment les adeptes de cheikh Yassine à 200 000 militants.

 

 

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